En France, savoir plonger ne donne pas le droit d’enseigner. Un plongeur très expérimenté peut encadrer bénévolement dans son club, mais pas être payé pour le faire. À l’inverse, un jeune diplômé d’État peut être salarié, tout en restant limité à certaines profondeurs. Entre BPJEPS, DEJEPS, DESJEPS et cursus fédéraux (initiateur, MF1, MF2), chaque diplôme correspond à une responsabilité précise. Le cadre a encore évolué à l’été 2026 avec la réforme du BPJEPS. Voici comment ces formations se distinguent, ce qu’elles exigent et à quel projet chacune répond. Article en collaboration commerciale
Réponse rapide
Pour enseigner la plongée contre rémunération en France, il faut un diplôme d’État : BPJEPS, DEJEPS ou DESJEPS mention plongée subaquatique. Le BPJEPS permet d’enseigner jusqu’à 20 mètres, sous l’autorité d’un moniteur de niveau supérieur. Le DEJEPS donne l’autonomie : enseignement jusqu’à 40 mètres et fonction de directeur de plongée. Le DESJEPS vise la direction de structure et la formation de cadres. Les diplômes fédéraux (initiateur, MF1, MF2) permettent d’enseigner bénévolement en club et servent souvent de tremplin vers les diplômes d’État.
À retenir
- Seuls les diplômes d’État autorisent à être rémunéré pour enseigner la plongée.
- Les diplômes se distinguent surtout par la profondeur d’enseignement et le droit d’être directeur de plongée.
- Le DEJEPS est le diplôme d’État le plus polyvalent pour travailler en autonomie.
- Le MF1 reste un excellent tremplin, mais il ne dispense plus d’examen au BPJEPS depuis la réforme d’août 2026.
- Le bon choix dépend du projet : saison, expatriation, direction de centre ou bénévolat.
- Une erreur fréquente consiste à viser le diplôme le plus haut sans projet professionnel précis.
Quelle différence entre diplôme d’État et diplôme fédéral en plongée ?
La différence tient en un mot : la rémunération. Un diplôme d’État, délivré par le ministère des Sports, autorise à enseigner la plongée contre de l’argent. Un diplôme fédéral, délivré par une fédération comme la FFESSM ou la FSGT, permet d’enseigner dans un cadre associatif, sans être payé. Les deux filières utilisent pourtant la même grille de compétences, fixée par le Code du sport. Cette grille classe les enseignants de E1 à E4, selon la profondeur à laquelle ils peuvent former des élèves. Un MF1 fédéral et un titulaire du DEJEPS peuvent donc avoir des compétences proches, mais un seul des deux peut en faire son métier.
La filière professionnelle, seule voie pour être rémunéré
L’article L212-1 du Code du sport est très clair. Seuls les titulaires d’un diplôme garantissant la sécurité des pratiquants, et enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), peuvent enseigner un sport contre rémunération (source : préfecture du Bas-Rhin). En plongée, cette règle concerne trois diplômes : le BPJEPS, le DEJEPS et le DESJEPS, tous mention plongée subaquatique.
Pourquoi une telle exigence ? Parce que la plongée se pratique en environnement spécifique, c’est-à-dire dans un milieu où l’erreur peut avoir des conséquences graves. Une question écrite à l’Assemblée nationale rappelait d’ailleurs que près de 900 accidents de plongée avaient nécessité l’intervention des secours depuis 2013 (source : Assemblée nationale).
Concrètement, la personne qui souhaite suivre une formation pour devenir moniteur de plongée et en vivre doit donc viser un diplôme d’État. Une fois diplômé, le moniteur déclare son activité et obtient une carte professionnelle, qui précise ses prérogatives d’exercice.
La filière fédérale, pour transmettre en club
La filière fédérale s’adresse d’abord aux plongeurs qui veulent transmettre leur passion dans leur club. À la FFESSM, elle comprend trois étapes : initiateur, MF1 (moniteur fédéral 1er degré) et MF2 (moniteur fédéral 2e degré). L’initiateur correspond au niveau d’enseignant E1 défini par le Code du sport. Le MF1 et le MF2 correspondent respectivement aux niveaux E3 et E4.
Ces diplômes reposent sur le bénévolat. Ils ne permettent pas d’être salarié ni de facturer des cours. Ils ont pourtant une vraie valeur pédagogique. Les formations fédérales se déroulent souvent sur plusieurs saisons, au rythme du club, avec un stage en situation auprès de moniteurs expérimentés.
Bon à savoir : beaucoup de moniteurs professionnels ont commencé par la filière fédérale. Elle permet de tester son goût pour l’enseignement avant d’investir dans une formation d’État, souvent longue et coûteuse.
BPJEPS plongée : pour qui et pour quoi faire ?
Le BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport) est le premier diplôme d’État pour devenir moniteur de plongée. C’est un diplôme de niveau 4, équivalent au baccalauréat. Il s’adresse aux plongeurs confirmés qui veulent entrer rapidement dans le métier, souvent pour travailler en saison dans un centre. Son titulaire porte le titre de moniteur de plongée, mais il exerce sous la responsabilité d’un moniteur plus diplômé. Depuis l’arrêté du 4 août 2026, publié au Journal officiel le 21 août 2026, le diplôme est organisé en blocs de compétences et non plus en unités capitalisables.
Prérogatives et limites du BPJEPS
Le titulaire du BPJEPS « activités de plongée subaquatique » peut enseigner de 0 à 20 mètres et encadrer des plongées d’exploration de 0 à 40 mètres (source : FFESSM, Le Coin des pros). Concrètement, il fait passer des baptêmes, forme des débutants et guide des palanquées de plongeurs autonomes.
Sa principale limite est claire : il ne peut pas être directeur de plongée. Le directeur de plongée, ou DP, est la personne qui organise la sortie, choisit le site et répond de la sécurité de l’ensemble des plongeurs. Le titulaire du BPJEPS doit donc travailler sous l’autorité d’un moniteur titulaire d’un diplôme de niveau supérieur (source : FFESSM). La réforme de 2026 n’a pas modifié ces prérogatives.
Le BPJEPS donne en revanche une autonomie complète en randonnée subaquatique, l’activité de découverte en palmes, masque et tuba.
Le saviez-vous ? L’arrêté du 4 août 2026 a aussi créé un BPJEPS distinct pour la plongée « sans scaphandre ». Il couvre l’apnée sportive, la pêche sous-marine, la randonnée subaquatique et le hockey subaquatique..
Conditions d’accès et déroulement de la formation
L’entrée en formation n’est pas ouverte aux débutants. Le texte en vigueur avant la réforme demandait notamment :
- un niveau 3 de plongée (P3) ou supérieur ;
- au moins 60 plongées en milieu naturel, dont 15 au-delà de 30 mètres, au cours des trois dernières années ;
- l’attestation de premiers secours en équipe de niveau 1 (PSE1) à jour ;
- le permis bateau côtier ;
- un certificat médical de non-contre-indication à la pratique et à l’enseignement de la plongée.
Selon l’analyse de la réforme publiée par Aqualonde Formation, ces standards de sécurité sont maintenus dans le nouveau texte. Le candidat doit aussi réussir des tests d’exigences préalables (TEP), des épreuves techniques en milieu naturel. Certains diplômes fédéraux en dispensent, comme le MF1 associé au nitrox confirmé et au PSE1.
La formation alterne ensuite cours en centre agréé (souvent un CREPS) et stage dans une structure de plongée, sous la responsabilité d’un tuteur.
Point de vigilance : les modalités exactes du nouveau BPJEPS (calendrier, tests, allègements) se mettent en place depuis la rentrée 2026. Il est prudent de vérifier les conditions auprès de l’organisme de formation avant de s’inscrire.
DEJEPS plongée : pourquoi est-il considéré comme le diplôme de référence ?
Le DEJEPS (diplôme d’État de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport), mention « activités de plongée subaquatique », est considéré comme le diplôme de référence parce qu’il donne l’autonomie. Son titulaire peut enseigner, encadrer et diriger une plongée sans dépendre d’un moniteur plus diplômé. C’est un diplôme de niveau 5, équivalent à bac + 2. Il est créé par l’arrêté du 15 juin 2017 et s’adresse aux plongeurs qui veulent faire de l’enseignement leur métier principal, encadrer une équipe ou diriger une structure.
Ce que le DEJEPS ajoute par rapport au BPJEPS
Le DEJEPS apporte deux changements décisifs. D’abord, la profondeur d’enseignement passe de 20 à 40 mètres : son titulaire exerce comme enseignant de niveau E3. Ensuite, il peut être directeur de plongée jusqu’à 60 mètres, à l’air ou au nitrox. Le nitrox est un mélange d’air enrichi en oxygène, très utilisé en plongée loisir.
Cette autonomie a une contrepartie : les exigences d’entrée sont plus élevées. Les CREPS demandent notamment :
- d’être majeur ;
- de justifier de 100 plongées en milieu naturel, dont 30 à au moins 30 mètres, au cours des cinq dernières années ;
- d’être titulaire du PSE1 à jour et du permis bateau côtier ;
- de présenter un certificat médical adapté ;
- de réussir les tests d’exigences préalables.
Les titulaires du BPJEPS plongée, ou d’un MF1 ou MF2 accompagné du PSE1, du permis bateau et du nitrox confirmé, sont réputés remplir ces exigences (source : CREPS de La Réunion). La formation comprend une longue période d’alternance : le CREPS PACA prévoit par exemple 600 heures en structure d’accueil.
Le certificat complémentaire « plongée profonde et tutorat »
Le certificat complémentaire (CC) « plongée profonde et tutorat » se prépare uniquement après un DEJEPS « activités de plongée subaquatique ». Il ajoute deux prérogatives importantes :
- l’enseignement et l’encadrement jusqu’à 60 mètres, au niveau d’enseignant E4 ;
- le tutorat de stagiaires pédagogiques, qu’ils préparent un diplôme d’État ou un diplôme fédéral.
Ce complément intéresse surtout les moniteurs qui veulent former des plongeurs confirmés ou accueillir des stagiaires dans leur structure. Pour un centre, disposer d’un moniteur capable d’encadrer des futurs professionnels représente un atout réel.
Bon à savoir : l’ancien DEJEPS « plongée subaquatique », délivré avant la réforme de 2017, reste un diplôme de niveau E4. Il équivaut au nouveau DEJEPS assorti du certificat complémentaire.
DESJEPS plongée : à quoi sert le plus haut diplôme d’État ?
Le DESJEPS (diplôme d’État supérieur de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport), spécialité « performance sportive », mention « plongée subaquatique », sert à diriger et à former. C’est un diplôme de niveau 6, équivalent à bac + 3 (source : France Compétences). Il ne vise pas d’abord à enseigner davantage, mais à piloter une structure, une équipe et la formation des futurs moniteurs.
Sur le plan technique, il donne les compétences d’enseignant E4 de 0 à 60 mètres et permet d’être tuteur de stagiaires. Sa vraie différence est ailleurs. La fiche officielle du diplôme liste les emplois visés :
- directeur de plongée en milieu naturel ;
- directeur technique d’un centre de plongée ;
- formateur de moniteurs ;
- responsable de la sécurité des activités subaquatiques.
La formation développe aussi des compétences de gestion : stratégie d’une structure, ressources humaines, budget et analyse des comptes. Le DESJEPS forme donc des cadres, pas seulement des techniciens de la plongée.
Les conditions d’entrée reflètent ce positionnement. Le candidat doit notamment justifier de 100 plongées en milieu naturel, d’une aptitude PA-40 et nitrox confirmé, du PSE1, du permis bateau et d’une expérience d’enseignement de la plongée (source : France Compétences). Autrement dit, il s’adresse à des moniteurs déjà en activité.
Astuce d’expert : le DESJEPS est rarement un premier objectif. Pour la plupart des projets, le DEJEPS suffit largement. Le DESJEPS devient pertinent lorsqu’on veut diriger un centre important, piloter une équipe de moniteurs ou former des cadres. Les sessions de formation sont par ailleurs peu nombreuses : il vaut mieux se renseigner tôt auprès des organismes habilités.
Initiateur, MF1, MF2 : que valent les cursus fédéraux ?
Les cursus fédéraux valent beaucoup sur le plan pédagogique, mais rien sur le plan salarial. Ils forment des enseignants compétents, reconnus par le Code du sport, qui exercent bénévolement dans les clubs. Pour un futur professionnel, ils jouent surtout le rôle de tremplin : ils permettent d’acquérir de l’expérience d’enseignement et ouvrent des allègements vers les diplômes d’État. La FFESSM, créée en 1948, structure l’essentiel de cette filière, aux côtés de la FSGT.
La progression fédérale étape par étape
La filière fédérale suit une progression en trois étapes, chacune liée à un niveau d’enseignant du Code du sport.
- Initiateur (E1 ou E2) : premier diplôme d’enseignement. L’initiateur E1 encadre les baptêmes et forme les débutants, sous la responsabilité d’un moniteur E3. Un initiateur titulaire du guide de palanquée peut exercer comme E2.
- MF1 (E3) : le moniteur fédéral 1er degré enseigne jusqu’à 40 mètres et forme les plongeurs jusqu’au niveau 4. Une voie « par capitalisation » est réservée aux titulaires du guide de palanquée (GP-N4), de l’initiateur et du module complémentaire 6-20 mètres.
- MF2 (E4) : plus haut niveau fédéral. Le MF2 peut enseigner jusqu’à 60 mètres et former les futurs cadres, comme les initiateurs et les MF1.
Le guide de palanquée, ou niveau 4, joue un rôle central. Il atteste qu’un plongeur sait conduire un groupe en exploration. C’est souvent ce niveau qui ouvre la porte à l’encadrement, fédéral comme professionnel.
Les passerelles vers les diplômes d’État après la réforme 2026
Longtemps, le MF1 offrait un raccourci très avantageux vers le BPJEPS. Sous l’ancien texte, il dispensait directement de trois unités sur quatre. La réforme d’août 2026 a changé la donne. Un MF1 justifiant du nitrox confirmé et d’une expérience d’encadrement récente reste dispensé :
- des tests techniques d’entrée en formation ;
- de la mise en situation pédagogique préalable au stage en structure.
En revanche, il ne bénéficie plus que d’un allègement d’heures sur les blocs consacrés à la pédagogie et à la sécurité. Il doit désormais présenter les épreuves des quatre blocs de compétences du BPJEPS.
Vers le DEJEPS, le MF1 ou le MF2, accompagné du PSE1, du permis bateau et du nitrox confirmé, permet d’être réputé satisfaire aux exigences préalables (source : CREPS de La Réunion). Le CREPS PACA indique même que ce profil obtient de droit deux unités spécifiques du DEJEPS.
Erreur fréquente : penser qu’un MF1 « vaut » un diplôme d’État. Les compétences sont proches, mais le MF1 ne permet pas d’être payé. Il raccourcit le chemin, il ne le remplace pas.

Quels débouchés offre chaque diplôme ?
Les débouchés dépendent directement du niveau de responsabilité que le diplôme autorise. Le moniteur de plongée travaille dans des centres saisonniers, dans des structures ouvertes à l’année dans les pays tropicaux ou dans des organismes de loisirs comme l’UCPA (source : CIDJ). Le BPJEPS ouvre surtout des postes d’exécution en saison. Le DEJEPS permet de devenir directeur de plongée, responsable pédagogique ou gérant de centre. Le DESJEPS vise la direction technique et la formation des cadres. Côté rémunération, le CIDJ indique que le salaire d’un moniteur titulaire du BPJEPS avoisine le SMIC (source : CIDJ). Diplomeo évoque une fourchette de 1 600 à 2 800 euros nets par mois selon l’expérience et les responsabilités.
Travailler en saison en France
La saison constitue la porte d’entrée la plus courante dans le métier. En France métropolitaine, l’activité se concentre surtout entre le printemps et l’automne, sur le littoral méditerranéen, en Bretagne ou en Corse. Les besoins y sont forts : baptêmes, formations de débutants, plongées d’exploration pour les vacanciers.
Le titulaire du BPJEPS y trouve assez facilement un poste, car il couvre une grande partie de l’activité d’un centre : il initie et guide. Il dépend toutefois de la présence d’un directeur de plongée. Pour un employeur, recruter un moniteur DEJEPS offre plus de souplesse : il peut organiser une sortie et en assumer la direction.
La saisonnalité a une contrepartie : beaucoup de contrats sont courts ou à temps partiel. Ce constat vaut pour l’ensemble des métiers du sport, selon l’Onisep. Beaucoup de moniteurs combinent donc deux saisons, en France l’été puis sous les tropiques l’hiver, ou complètent leur activité par la vente et l’entretien de matériel.
Enseigner à l’étranger avec une double certification
Les diplômes d’État français sont conçus pour exercer en France. À l’étranger, les centres recrutent souvent des moniteurs titulaires de certifications internationales, comme celles de PADI ou SSI. PADI annonce plus de 1,2 million de plongeurs certifiés chaque année dans 180 pays, selon les chiffres repris par Aqualonde Formation.
C’est pourquoi beaucoup de professionnels choisissent une double certification : un diplôme d’État pour travailler légalement en France, et un titre d’instructeur international pour élargir leur clientèle et partir à l’étranger. Sur la côte méditerranéenne, une partie importante de la clientèle est étrangère et demande des certifications reconnues dans le monde entier.
L’inverse ne fonctionne pas : un instructeur PADI sans diplôme d’État ne peut pas être rémunéré pour enseigner en France, en application du Code du sport.
Le saviez-vous ? Le titulaire du DEJEPS « activités de plongée subaquatique » est réputé titulaire du certificat d’aptitude à l’hyperbarie, mention B.. Ce certificat concerne les interventions en milieu hyperbare dans un cadre professionnel.
Comment choisir le parcours adapté à son projet ?
Le bon parcours se choisit à partir de trois questions simples. Voulez-vous être payé pour enseigner ? Voulez-vous travailler en autonomie ou au sein d’une équipe ? Envisagez-vous d’exercer en France, à l’étranger, ou les deux ? Les réponses orientent presque toujours vers un diplôme précis. Le tableau ci-dessous résume les principales différences.
| Diplôme | Filière | Niveau | Enseignement | Directeur de plongée | Rémunération possible |
|---|---|---|---|---|---|
| Initiateur | Fédérale | E1 (E2 avec GP-N4) | Jusqu’à 6 m (20 m en E2) | Non | Non |
| MF1 | Fédérale | E3 | Jusqu’à 40 m | Oui, en club | Non |
| MF2 | Fédérale | E4 | Jusqu’à 60 m | Oui, en club | Non |
| BPJEPS | État, niveau 4 | E2 | 0-20 m, encadrement 0-40 m | Non | Oui |
| DEJEPS | État, niveau 5 | E3 | Jusqu’à 40 m | Oui, jusqu’à 60 m | Oui |
| DEJEPS + CC | État, niveau 5 | E4 | Jusqu’à 60 m | Oui, jusqu’à 60 m | Oui |
| DESJEPS | État, niveau 6 | E4 | Jusqu’à 60 m | Oui | Oui |
Sources : FFESSM
Conseils selon votre profil
Le plongeur qui veut transmettre en club. Si l’objectif est de partager sa passion le week-end, sans en faire un métier, la filière fédérale suffit. L’initiateur permet de découvrir l’enseignement à moindre coût. Le MF1 vient ensuite, si l’envie se confirme.
Le futur saisonnier. Pour travailler l’été dans un centre, le BPJEPS est la voie la plus directe. Il faut cependant accepter de travailler sous l’autorité d’un directeur de plongée. Préparer le guide de palanquée avant d’entrer en formation facilite souvent l’accès aux tests.
La personne en reconversion qui veut en vivre durablement. Le DEJEPS est le choix le plus solide. Il donne l’autonomie, la direction de plongée et un plafond de rémunération plus élevé. Associer une certification d’instructeur internationale permet de travailler toute l’année, en France puis à l’étranger.
Le moniteur expérimenté qui vise la direction. Après plusieurs saisons d’enseignement, le certificat complémentaire puis le DESJEPS permettent d’encadrer jusqu’à 60 mètres, de former des stagiaires et de prendre la tête d’une structure.
Astuce d’expert : avant de choisir, il est utile de passer quelques jours dans un centre de plongée en activité. Observer le quotidien d’un directeur de plongée et d’un moniteur saisonnier aide souvent à savoir lequel des deux rôles on souhaite vraiment occuper.

Les erreurs fréquentes à éviter
La plupart des erreurs viennent d’une confusion entre niveau de plongeur et droit d’enseigner, ou d’un choix fait sans projet précis. Voici les plus courantes.
- ❌ Croire qu’un MF1 permet d’être payé.
✅ Seuls les diplômes d’État autorisent l’enseignement rémunéré. Le MF1 reste un excellent tremplin, mais pas un diplôme professionnel. - ❌ Penser qu’une certification internationale suffit pour travailler en France.
✅ Un instructeur PADI ou SSI doit aussi détenir un diplôme d’État pour être rémunéré sur le territoire français. - ❌ Choisir le BPJEPS en pensant devenir autonome.
✅ Le BPJEPS ne permet pas d’être directeur de plongée. Pour gérer des sorties seul, il faut viser le DEJEPS. - ❌ Se fier à des informations antérieures à août 2026.
✅ La réforme du BPJEPS a modifié les allègements, notamment pour les MF1. Il est essentiel de vérifier les textes en vigueur auprès de l’organisme de formation. - ❌ Sous-estimer les prérequis.
✅ Le nombre de plongées, le PSE1, le permis bateau et le nitrox confirmé se préparent souvent plusieurs mois à l’avance. Mieux vaut les anticiper avant de déposer un dossier. - ❌ Viser directement le diplôme le plus élevé.
✅ Le DESJEPS s’adresse à des moniteurs déjà expérimentés. Commencer par le diplôme adapté à son projet immédiat permet de progresser sans se décourager. - ❌ Négliger l’aisance aquatique.
✅ Les tests d’entrée comprennent des épreuves physiques en milieu naturel. Un entraînement régulier en natation et en palmage, avec un équipement adapté à sa morphologie, fait souvent la différence.
FAQ sur les diplômes de moniteur de plongée
Peut-on être payé avec un MF1 ? Non. Le MF1 est un diplôme fédéral qui permet d’enseigner bénévolement. Pour être rémunéré, il faut un diplôme d’État : BPJEPS, DEJEPS ou DESJEPS mention plongée subaquatique.
Quelle différence entre le BPJEPS et le DEJEPS plongée ? Le BPJEPS permet d’enseigner jusqu’à 20 mètres, sous l’autorité d’un moniteur plus diplômé. Le DEJEPS permet d’enseigner jusqu’à 40 mètres et d’être directeur de plongée, donc de travailler en autonomie.
Faut-il le bac pour devenir moniteur de plongée ? Non, aucun baccalauréat spécifique n’est exigé. L’accès aux formations dépend surtout du niveau de plongée, de l’expérience, du secourisme et du permis bateau.
Combien gagne un moniteur de plongée ? Un moniteur débutant titulaire du BPJEPS gagne environ le SMIC. La rémunération augmente avec le DEJEPS, l’expérience et les responsabilités, notamment la direction de plongée.
Un moniteur PADI peut-il travailler en France ? Pour être rémunéré en France, il doit aussi détenir un diplôme d’État français, comme le BPJEPS ou le DEJEPS. Beaucoup de professionnels cumulent donc les deux qualifications.
Que signifient E1, E2, E3 et E4 ? Ce sont les niveaux d’enseignant définis par le Code du sport. Ils indiquent la profondeur jusqu’à laquelle un moniteur peut former ses élèves, de 6 mètres pour E1 à 60 mètres pour E4.
Qu’est-ce que la réforme du BPJEPS plongée de 2026 a changé ? Depuis l’arrêté du 4 août 2026, le BPJEPS est organisé en blocs de compétences. Les titulaires du MF1 bénéficient d’allègements de formation, mais doivent désormais passer toutes les épreuves. Les prérogatives du diplôme restent inchangées.
Conclusion : le bon diplôme est celui qui sert votre projet
Devenir moniteur de plongée en France ne se résume pas à atteindre un niveau technique. Chaque diplôme correspond à une responsabilité précise. La filière fédérale (initiateur, MF1, MF2) permet de transmettre bénévolement en club et constitue un excellent tremplin. Les diplômes d’État sont les seuls à autoriser une rémunération. Le BPJEPS ouvre les portes de la saison, sous l’autorité d’un directeur de plongée. Le DEJEPS apporte l’autonomie et reste le diplôme de référence pour en vivre. Le DESJEPS prépare à la direction de structure et à la formation des cadres.
La réforme d’août 2026 rappelle aussi que ce cadre évolue. Les allègements accordés aux titulaires du MF1 ont changé, et d’autres ajustements peuvent suivre.
Avant de vous engager, prenez le temps de définir votre projet : saison ou carrière, France ou étranger, enseignement ou direction. Vérifiez ensuite vos prérequis et renseignez-vous sur les sessions de formation à venir. C’est ce travail préalable qui vous permettra de choisir le parcours le plus adapté, plutôt que le plus prestigieux.
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